J'ai glissé ma cigarette électronique au fond de ma valise enregistrée : porte déjà fermée, l'équipage m'a appris que mon ...

J'ai glissé ma cigarette électronique au fond de ma valise enregistrée : porte déjà fermée, l'équipage m'a appris que mon bagage n'était plus dans l'avion

Mise à jour : 31 juillet 2026

La porte de l'avion venait de se fermer quand un membre d'équipage a annoncé la nouvelle : le bagage enregistré ne se trouvait plus dans la soute. À l'intérieur, une cigarette électronique glissée là volontairement, pour gagner de la place dans le sac cabine. Une décision anodine en apparence, mais qui a suffi à immobiliser tout un avion et à déclencher une opération de retrait de bagage en urgence.

Ce genre d'incident n'a rien d'exceptionnel. Chaque année, des centaines de voyageurs commettent la même erreur, persuadés qu'un appareil éteint et bien calé entre deux vêtements ne présente aucun danger. Il est pourtant interdit de placer une cigarette électronique dans un bagage enregistré en soute, une exigence commune à toutes les compagnies aériennes qui découle des réglementations de sécurité de l'IATA concernant les appareils équipés de batteries au lithium.

À retenir

  • Pourquoi un petit appareil électronique peut-il transformer un bagage en bombe volante ?
  • Découvrez ce qui se passe vraiment en soute quand une batterie lithium s'emballe
  • Les trois gestes simples que personne ne connaît pour voyager sereinement avec sa vape

Pourquoi une simple vapoteuse peut clouer un avion au sol

La raison tient à la chimie de la batterie, pas à la cigarette électronique elle-même. En altitude, les conditions de température et de pression dans la soute peuvent provoquer un dysfonctionnement des batteries lithium-ion. Le phénomène redouté porte un nom précis : l'emballement thermique. Les cellules lithium-ion peuvent partir en emballement thermique, un phénomène où la batterie génère sa propre chaleur jusqu'à l'incendie, sans qu'un choc externe soit même nécessaire. l'appareil n'a même pas besoin de tomber ou d'être écrasé pour s'embraser.

Le vrai souci n'est pas tant la batterie que l'endroit où elle se trouve. Le vrai problème, c'est la soute elle-même : elle est strictement interdite pour les accus lithium, car un départ de feu y passerait inaperçu de l'équipage pendant le vol. Un début d'incendie en cabine peut être maîtrisé en quelques secondes avec un extincteur. En soute, personne ne surveille, personne n'intervient. Le ministère de la Transition écologique le confirme noir sur blanc dans ses recommandations aux voyageurs : les e-cigarettes et leurs batteries de rechange ne doivent en aucun cas être placées dans les bagages enregistrés, et les batteries de rechange doivent être protégées individuellement contre les courts-circuits.

Ce n'est pas une précaution théorique inventée par des juristes prudents. Des incidents concernant les e-cigarettes ont été rapportés à la DGAC, dont la découverte à l'arrivée d'un vol, dans un bagage enregistré, d'une e-cigarette dont la batterie commençait à prendre feu. Le vapoteur en question n'a probablement jamais su à quel point son geste avait failli mal tourner.

Ce qui se passe concrètement une fois la valise repérée

Les bagages en soute passent par un scanner avant d'être chargés. Une batterie lithium isolée, celle d'une cigarette électronique par exemple, se détecte facilement à l'imagerie, exactement comme le ferait une batterie externe de smartphone. Quand l'anomalie est repérée après la fermeture des portes, ou pire, une fois le bagage déjà en soute, les équipes au sol n'ont pas d'autre choix que de le retirer physiquement de l'appareil. Cela implique souvent de rouvrir les compartiments, de retrouver le bagage concerné parmi des dizaines d'autres, puis de recalculer le chargement pour respecter l'équilibre de l'avion. Un ballet logistique qui prend du temps, et qui explique pourquoi ce genre d'incident se traduit presque toujours par un retard.

Les compagnies aériennes ne plaisantent pas avec ce sujet, et certaines sont même allées plus loin par le passé. Ryanair, aujourd'hui la plus grande compagnie aérienne, avait fin 2017 interdit totalement le transport de la cigarette électronique en avion, y compris dans les bagages cabine. La règle a depuis été assouplie partout, mais elle rappelle à quel point le secteur a pris ce risque au sérieux dès les débuts du vapotage grand public.

Voyager avec sa vape sans provoquer un incident

La solution tient en une poignée de réflexes simples, mais encore trop souvent négligés au moment de boucler sa valise. La cigarette électronique doit rester en cabine, éteinte, idéalement dans un étui isolant qui protège les bornes de tout contact accidentel. Air France précise sur sa page bagages que la cigarette électronique et la puff peuvent être emportées dans le bagage cabine sans déclaration tant que la batterie reste sous 100 Wh, un seuil qui couvre la quasi-totalité des modèles vendus dans le commerce. Pour les accus de rechange, il faut se limiter à deux accus de rechange par personne, chacun protégé individuellement.

Trois vérifications suffisent avant de partir : l'appareil est-il verrouillé ou éteint, les accus de rechange sont-ils dans un étui isolant, et le réservoir d'e-liquide respecte-t-il la limite de 100 ml imposée à tous les liquides en cabine. Les e-liquides suivent la règle des 100 ml applicable à tous les liquides en cabine, et l'ensemble doit tenir dans un sac plastique transparent refermable de 20 × 20 cm maximum. Trois gestes qui prennent trente secondes et qui évitent, au choix, une confiscation, une amende ou un vol retardé pour tout le monde à bord.

Ce type d'incident n'est pas propre aux cigarettes électroniques. En mai dernier, un avion EasyJet reliant Hurghada à Londres a été dérouté vers Rome après qu'une passagère a signalé qu'une batterie externe était en train de charger un appareil dans un bagage en soute, sans même qu'un incendie ne se déclare. La même logique s'applique à tout objet doté d'une batterie lithium isolée, qu'il s'agisse d'une vapoteuse, d'un powerbank ou d'un appareil photo. Autant dire qu'au prochain bouclage de valise, la place d'une cigarette électronique se trouve dans la poche extérieure du sac cabine, jamais entre deux pulls au fond de la soute.

[the_ad id="113548"]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

tagchevron-down linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram