J’ai mis mon tube de crème solaire à moitié vide dans le sac transparent juste parce qu’il ne restait presque rien dedans : au contrôle, il est parti dans le bac

Un tube de crème solaire à moitié vide, glissé dans le sac transparent sans y penser deux fois. Au contrôle, l’agent le retire sans hésiter. Pas parce qu’il contient trop de produit, mais parce que l’inscription sur l’emballage indique 200 ml. Peu importe qu’il n’en reste que 40. La règle ne regarde jamais ce qu’il y a dedans, seulement ce qui est écrit dessus.

À retenir

  • C’est l’emballage qui compte, pas ce qu’il reste dedans — un tube de 200 ml est interdit même s’il est presque vide
  • Mascara, crème, miel, déodorant spray : bien plus de produits que prévu sont considérés comme des liquides
  • Les exceptions pour médicaments et nourriture bébé existent, mais demandent des preuves que peu de voyageurs ont préparées

La contenance, pas le contenu : la confusion qui coûte cher

C’est le malentendu le plus répandu chez les voyageurs, et il continue de faire des victimes chaque été. Peu importe si le flacon n’est qu’à moitié plein, c’est la taille du contenant qui compte. Un flacon de shampoing marqué 150 ml, même utilisé aux deux tiers, sera systématiquement écarté au même titre qu’une bouteille neuve. Seule la taille du contenant compte et non son contenu réel, une bouteille de shampooing de 150 ml remplie aux deux-tiers n’a pas plus de chance de passer les contrôles qu’une bouteille pleine.

Cette logique surprend, mais elle a sa cohérence : les agents de sûreté n’ont pas le temps de mesurer le niveau réel de chaque flacon présenté dans la file. Ils lisent l’étiquette, comparent au seuil, tranchent. Les contenants supérieurs à 100 millilitres ne sont pas autorisés en cabine, même s’ils contiennent moins de 100 millilitres de liquide, à l’exception des articles achetés après le contrôle de sécurité. le tube de crème solaire de 200 ml, aussi vide soit-il, n’a techniquement aucune chance de franchir le portique. Direction le bac.

Le sac lui-même obéit à une seconde règle, indépendante de la première. Les liquides doivent être disposés dans un seul sac totalement transparent et fermé d’environ 20×20 cm, un seul sac de liquides étant autorisé par voyageur. Sa contenance tourne autour d’un litre, et il n’existe pas de limite stricte sur le nombre de flacons tant que chacun respecte les 100 ml et que le tout ferme correctement.

Ce qui compte comme liquide, et qui surprend tout le monde

La définition officielle va bien au-delà de l’eau et du parfum. La définition des « liquides » par les autorités aériennes est beaucoup plus large que l’eau ou le parfum. Une crème hydratante, un gel douche, un mascara, un rouge à lèvres liquide, un déodorant en spray : tout entre dans la même catégorie réglementaire. Même certains aliments y passent. Il faut être vigilant avec les aliments qui pourraient être considérés comme des pâtes ou des gels, fromage frais, pâté, compote au-delà de 100 ml. Un camembert bien coulant ou un pot de miel ramené d’un marché de campagne suivent exactement les mêmes règles qu’un flacon de gel douche.

Les aérosols n’échappent pas à la liste. Les déodorants et mousses en aérosols sont également considérés comme des produits liquides et soumis aux mêmes obligations que ces derniers. Beaucoup de voyageurs découvrent la règle en salle d’embarquement plutôt qu’en préparant leur valise, ce qui explique une bonne partie des files ralenties devant les scanners.

Médicaments et petits pots pour bébé : des exceptions, pas des passe-droits

Deux catégories échappent à la limite des 100 ml, mais pas sans contrepartie. Pour les médicaments liquides, insuline comprise, la quantité tolérée correspond aux besoins du voyage, à condition de pouvoir le prouver. Il est possible d’emporter dans son bagage cabine des médicaments liquides comme de l’insuline ou un sirop, à condition de se munir d’une attestation ou d’une ordonnance à son nom à présenter aux agents de sûreté. Sans ce document, le flacon rejoint le lot des liquides classiques, et donc la limite des 100 ml.

Pour les familles voyageant avec un nourrisson, la tolérance est plus large mais reste encadrée. La nourriture pour bébé est une exception : il n’est pas nécessaire de l’emporter dans un plastique transparent, et l’on peut emporter tous les aliments pour bébé liquides ou prêts à l’emploi dont le bébé aura besoin durant le vol. Un bémol pratique cependant : mieux vaut prévoir des contenants qui se referment, car il pourra vous être demandé de goûter ces aliments au moment du contrôle. Une biberonnerie improvisée devant le scanner, ça arrive plus souvent qu’on ne le croit.

Le duty free et le sort réservé aux objets écartés

Autre situation qui prête à confusion : les achats effectués en zone duty free, après le passage du contrôle de sûreté. Une bouteille de whisky ou un parfum de grand format échappent à la règle des 100 ml, à une condition précise. Ils sont autorisés à condition d’être dans le sac scellé du magasin avec le ticket à l’intérieur, ils constituent un « bagage » à part et ne doivent pas être ajoutés au sachet transparent personnel. En cas de correspondance dans un autre aéroport, ce sachet scellé peut néanmoins être rouvert lors d’un second contrôle de sûreté, ce qui invalide l’exception. C’est le piège classique des vols avec escale.

Quant au tube de crème solaire retiré au contrôle, son destin dépend largement de l’aéroport. Certaines plateformes ont changé de méthode ces dernières années plutôt que de tout jeter. Depuis juin 2023, l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle collabore avec les Restos du Cœur du Val d’Oise, avec des conteneurs placés avant les contrôles pour que les passagers y déposent volontairement leurs articles interdits, afin de limiter le gaspillage tout en aidant ceux dans le besoin. À Nice, le même type de partenariat existe depuis plus longtemps encore, et le bilan donne une idée du volume concerné. L’aéroport de Nice Côte d’Azur s’est associé aux Restos du Cœur dès mars 2022, avec plus de 53 000 produits confisqués collectés et redistribués depuis le lancement.

Ailleurs, la logique reste plus radicale : ce qui n’a pas de valeur particulière finit purement et simplement dans les circuits de déchets classiques de l’aéroport, sans distinction. La prochaine fois qu’un tube encombrant traîne au fond de la trousse de toilette, mieux vaut vérifier le chiffre imprimé dessus avant de le glisser dans le sac transparent, plutôt que de se fier à ce qu’il en reste.

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