Les chauffagistes n’en peuvent plus de le répéter : ce thermostat monté à 21 degrés dès les premiers froids de septembre vous coûte 2 degrés toute la saison

Le thermostat grimpe à 21 °C dès les premières fraîcheurs de septembre, et le raisonnement semble imparable : autant anticiper avant que l’hiver ne s’installe vraiment. Mais ce réflexe coûte cher, bien plus cher qu’en plein cœur de janvier. L’Agence de la transition écologique est formelle sur ce point depuis des années : chaque degré de chauffage en trop se paie en pourcentage sur la facture, saison après saison.

Les chauffagistes le répètent à chaque rentrée, souvent devant des clients surpris. Deux degrés d’écart entre le réglage recommandé et celui réellement adopté, cela ne relève pas du détail.

À retenir
  • Chaque degré de chauffage supplémentaire coûte 7% sur la facture annuelle selon l’ADEME
  • Monter de 19°C à 21°C en septembre représente plus de 200 euros de surcoût par an sur une facture de 1 500 euros
  • Les murs et meubles conservent la chaleur d’été en septembre, rendant le chauffage précoce inutile et coûteux
  • La bonne température est 19°C dans les pièces de vie, 16-17°C en chambre, 22°C en salle de bain lors de la toilette

Le calcul qui fait mal

Sept pour cent. C’est le chiffre à retenir.

L’ADEME estime qu’abaisser la consigne de 1 °C fait gagner 7 % en moyenne sur la facture de chauffage, dans son guide d’installation d’un thermostat programmable. Appliqué à l’envers, le calcul devient limpide : passer de 19 à 21 °C, ce sont deux degrés de trop, donc environ 14 % de consommation supplémentaire sur toute la période de chauffe. Sur une facture annuelle de 1 500 euros, cela représente une différence de plus de 200 euros, rien qu’en tournant deux fois la molette du thermostat. L’ADEME rappelle qu’il représente environ 66 % des dépenses énergétiques d’un foyer, ce qui explique pourquoi un mauvais réglage pèse aussi lourd dans le budget.

Le poste chauffage n’a donc rien d’anecdotique dans une facture d’énergie. C’est souvent le seul levier vraiment accessible à tout locataire ou propriétaire, sans travaux ni investissement.

Pourquoi septembre aggrave la note

Le logement conserve encore l’inertie thermique de l’été en début d’automne. Les murs, le sol, les meubles ont emmagasiné de la chaleur pendant des semaines, et cette chaleur résiduelle met du temps à se dissiper complètement.

Monter le thermostat à 21 °C dans ce contexte revient à demander à la chaudière ou aux radiateurs de forcer sur un système qui n’a pas encore vraiment besoin de tourner à plein régime. La consigne trop haute déclenche des cycles de chauffe précoces et fréquents, alors que la température extérieure reste encore clémente la majorité du temps en septembre. Résultat : le compteur tourne pour compenser un écart de température qui, en réalité, n’existe presque pas entre l’intérieur et l’extérieur. L’ADEME recommande d’ailleurs de baisser le chauffage lors des beaux jours, à l’automne et au printemps, précisément parce que ces périodes de transition sont celles où l’on gaspille le plus sans s’en apercevoir.

Un degré de trop en septembre n’a donc pas le même poids qu’un degré de trop en plein hiver. Il s’ajoute à une chaleur déjà présente.

La bonne température, pièce par pièce

Chauffer tout un logement à la même consigne reste l’erreur la plus répandue. Un salon occupé toute la journée n’a pas les mêmes besoins qu’une chambre où l’on ne fait que dormir.

Dans les pièces de vie occupées, l’ADEME recommande 19 °C. Trois autres repères permettent d’ajuster le reste du logement sans perdre en confort :

  • Chambres : 16 à 17 °C suffisent, et la nuit 17 °C
  • Salle de bain : la température monte à 22 °C, mais seulement pendant la toilette
  • Absence prolongée (week-end, vacances) : le chauffage peut être baissé à une température de 12 °C à 14 °C dans l’ensemble de l’habitation

Un thermostat programmable ou des robinets thermostatiques permettent de gérer ces écarts sans y penser chaque soir. La nuit, la baisse à 17 °C dans les pièces à vivre inoccupées s’ajoute logiquement à celle de la chambre, puisque personne n’y circule entre minuit et sept heures du matin. Ce réglage différencié, pièce par pièce et heure par heure, reste la méthode la plus efficace pour éviter de payer pour une chaleur que personne ne ressent vraiment.

Deux degrés, appliqués sans réfléchir dès la rentrée, se paient tout l’hiver. Le bon réflexe, avant de toucher au thermostat, consiste à vérifier la météo du jour plutôt que le calendrier : tant que le logement garde sa chaleur d’été, 19 °C suffit largement, et le portefeuille s’en souvient dès la première facture de janvier.

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