Trois semaines de ruban adhésif collé sur cette fente en haut de la fenêtre, et chaque matin le même spectacle : des gouttes qui ruissellent sur le verre, formant une petite flaque sur l'appui. Le geste semblait malin, presque évident, pour stopper ce filet d'air froid qui agaçait le soir en lisant. Il a suffi de ce morceau d'adhésif pour couper net l'arrivée d'air de la VMC simple flux, qui ne pouvait plus rien extraire.
- La fente en haut de la fenêtre est une entrée d'air volontaire, indispensable au bon fonctionnement de la VMC simple flux
- Obstruer cette entrée d'air empêche la circulation de l'air et provoque une accumulation d'humidité et de condensation en moins de 24 heures
- L'entretien régulier des bouches d'extraction et des entrées d'air (tous les trois mois) maintient l'efficacité de la VMC à 100 %
Une entrée d'air, pas une fuite de fenêtre
Cette fente n'est pas un défaut de fabrication ni un joint mal posé par le menuisier. C'est une entrée d'air, un élément prévu du système de ventilation, installée volontairement dans les pièces dites « sèches » comme les chambres ou le salon.
Sans elle, aucun air neuf ne peut entrer dans le logement.
La VMC simple flux aspire l'air vicié et humide du logement comme un ventilateur inversé pour le rejeter à l'extérieur, ce qui évite les problèmes de condensation et de moisissure. C'est cette aspiration, créée dans la cuisine, la salle de bain ou les WC, qui provoque une dépression appelant de l'air frais par les entrées situées ailleurs dans le logement. La VMC extrait donc l'air humide des pièces comme la cuisine, la salle de bain et les WC, tandis que l'air neuf doit entrer par les pièces sèches, chambres et salon, via des entrées situées en haut des fenêtres. Boucher cette fente revient à couper l'alimentation de tout le système, comme débrancher la prise d'air d'un moteur qui continue de tourner à vide.
Ce que le ruban a réellement provoqué
Boucher ces entrées avec de l'adhésif, de la mousse ou de la peinture empêche la VMC d'aspirer de l'air, et l'humidité s'accumule dans le logement. Ne jamais obstruer les entrées d'air extérieur, même par grand froid : cela bloque le renouvellement de l'air et peut faire grimper le taux d'humidité intérieur en moins de 24 heures. La vapeur produite par la douche, la cuisson ou simplement la respiration pendant la nuit n'avait plus nulle part où s'échapper.
Cette vapeur cherche alors la surface la plus froide du logement pour se déposer. En hiver, le contraste entre l'air intérieur chauffé et le verre en contact avec le froid extérieur en fait la cible idéale, bien avant les murs ou le plafond.
D'où les gouttes, chaque matin, sans exception.
Comment vérifier sans se fier au ruban
Un test simple consiste à poser une feuille de papier toilette devant une bouche d'extraction : elle doit rester collée par l'aspiration. Si elle tombe, le problème ne vient peut-être pas seulement de l'entrée d'air obstruée, mais aussi du groupe moteur ou des gaines. L'ADEME recommande de nettoyer trimestriellement les parties amovibles des bouches d'extraction et de dépoussiérer les entrées d'air accessibles, sans jamais les condamner. Pour objectiver la situation, un hygromètre, peu coûteux en magasin de bricolage, permet de vérifier que l'humidité relative reste entre 40 et 60 % en temps normal, un peu moins en période de gel.
Bouches encrassées, entrées d'air bloquées ou groupe fatigué empêchent l'air de circuler correctement ; une utilisatrice a ainsi découvert que sa bouche d'extraction de salle de bains était presque obstruée, et la condensation matinale a nettement diminué après nettoyage. Le grillage de l'entrée d'air, lui, accumule souvent poussière et peluches sans qu'on y prête attention pendant des mois. Une VMC encrassée, avec des filtres et bouches jamais nettoyés, voit sa capacité d'extraction chuter de 50 à 80 %.
Le bon geste contre les courants d'air
Retirer le ruban ne suffit pas toujours à faire disparaître la sensation de froid qui a motivé le geste au départ. Certaines entrées d'air modernes se règlent ou se remplacent par des modèles acoustiques et thermiques plus performants, sans jamais fermer complètement le passage.
Le vrai courant d'air venait peut-être ailleurs, un joint de fenêtre fatigué, pas de cette fente qui, elle, avait un travail précis à faire.
Sources : econology.fr | janneau.com


