Un lavage à 40 °C ne tue pas les acariens. La plupart survivent à 30 et 40 °C, alors que leur limite de survie se situe vers 56 °C. Votre couette ressortie du placard a donc pu sortir de la machine propre à l’œil et toujours occupée.
Tous les acariens testés mouraient dès 55 °C d’eau, selon une étude australienne.
- Les acariens survivent aux lavages à 40 °C, leur limite étant autour de 55 °C
- Un lavage à 60 °C pendant 90 minutes minimum suivi d’un sèche-linge élimine efficacement les acariens
- L’humidité entre 40 et 50 % limite la reproduction des acariens dans la maison
Ce que 40 °C emporte, et ce qu’il épargne
Le cycle à 40 °C n’est pas inutile. L’action mécanique de la machine élimine à elle seule 95 % des acariens, selon la conseillère médicale Martine Ott, et l’allergène se dissout dans l’eau. Mais les survivants se remettent vite à en produire, et ils recolonisent le textile en quelques jours. Or ce sont leurs déjections, et non les acariens eux-mêmes, qui provoquent rhinite, asthme et eczéma chez les personnes sensibilisées.
dans une chambre à 20-25 °C et à plus de 50 % d’humidité, la population peut doubler en trois semaines environ. Les cellules de peau que chacun perd pendant son sommeil leur servent de nourriture.
Autre piège, la machine elle-même. Des acariens peuvent passer d’un article à l’autre dans le tambour, d’où ce conseil : ne pas mélanger les draps avec une pièce poussiéreuse restée longtemps rangée. Une couette sortie du placard mérite donc son propre cycle.
Couette et oreillers synthétiques : viser 60 °C
Pour le synthétique, 60 °C est la référence, si l’étiquette l’autorise.
La durée compte autant que le chiffre affiché. Un cycle court ne suffit pas : un programme Coton ou Blanc d’au moins 90 minutes permet à la chaleur d’atteindre le cœur du garnissage. Le volume pose aussi problème, car une couette double de 50 à 75 litres ne se traite pas efficacement dans une machine domestique de 7-8 kg. Une machine de laverie de 18 kg règle la question, à raison de deux oreillers pour une machine de 9 kg. Côté rythme, les spécialistes recommandent un oreiller par mois et une couette par trimestre.
Le séchage termine le travail : la chaleur sèche tue les survivants, alors que le séchage à l’air seul expose à une reprise de l’infestation. Un sèche-linge en cycle chaud est donc préférable à l’étendage, au moins pour la couette.
Le duvet plafonné à 40 °C : le sèche-linge prend le relais
Le duvet naturel n’aime pas les hautes températures. Des lavages répétés à 60 °C peuvent l’assécher et le rendre cassant. Reste le compromis : un lavage à 40 °C suivi d’un passage au sèche-linge.
Même après un lavage à 40 °C, un cycle de sèche-linge à 60 °C pendant 30 minutes termine le travail. Les chercheurs de Sydney l’avaient constaté : la chaleur d’un sèche-linge tuait aussi les acariens dans les couettes.
Comptez au moins 30 minutes à 60 °C, davantage pour une couette épaisse.
La chaleur ne fait pourtant qu’une partie du travail. Elle n’élimine pas l’allergène déjà présent, ce qui impose de laver d’abord puis de sécher. Si l’étiquette interdit toute montée en température, il faut la respecter et se rabattre sur une housse anti-acariens certifiée, lavée à 60 °C. Quant aux additifs et huiles essentielles, ils n’ont pas démontré d’efficacité clinique.
Avant la prochaine sortie de placard
L’humidité décide de beaucoup de choses. Le CHU de Nantes situe la cible d’un logement sous 60 %, et le CHUV place le seuil de survie autour de 55 % d’humidité relative. Un hygromètre se trouve autour de dix euros, et viser 40 à 50 % laisse de la marge. Aérer dix à quinze minutes fenêtres grandes ouvertes, hiver compris, aide aussi.
À 85 % d’humidité, les acariens mangent et rejettent cinq fois plus. Si les éternuements reviennent chaque nuit malgré un lavage à 60 °C, il vaut mieux en parler à un médecin plutôt que d’interpréter soi-même les symptômes.
Source : masculin.com







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