La Ralph Lauren 888 Automatic ne se contente pas d’adopter un nouveau diamètre : elle change de nature. Jusqu’ici associée à des versions à quartz, cette montre ronde au cadran immédiatement reconnaissable reçoit un mouvement mécanique à remontage automatique. Une évolution discrète en apparence, mais décisive pour une collection dont le style singulier cherchait encore une véritable assise horlogère.

Avec son dessin mêlant chiffres romains et arabes, son acier poli et son bracelet noir en veau, la 888 reste fidèle à son langage visuel. Sous cette élégance presque graphique, le calibre Sellita RL300-1 apporte désormais une dimension plus concrète à l’usage quotidien.

Une montre inspirée par une adresse new-yorkaise

Le nom de la Ralph Lauren 888 renvoie au 888 Madison Avenue, adresse du magasin féminin phare de la marque à New York. Lors de son lancement en 2016, cette collection se distinguait comme la première montre ronde pensée par Ralph Lauren exclusivement pour les femmes. Son identité reposait déjà sur une composition peu conventionnelle, où les chiffres romains côtoient les chiffres arabes dans une disposition volontairement asymétrique.

La ligne a ensuite été réintroduite avec des boîtiers en acier de 32 et 38 mm, avant de se décliner en or ou avec sertissage de diamants. Une version à quartz de 38 mm sur bracelet métallique avait également rejoint la famille. L’arrivée d’un modèle de 39 mm automatique modifie toutefois davantage l’équilibre de la collection : au-delà d’une variation esthétique, elle introduit une autre façon de porter et de considérer la 888.

Un cadran graphique qui conserve son caractère

Cette version automatique ne renie rien de ce qui fait la personnalité de la 888. Son cadran opalin argenté, dont l’aspect peut paraître presque blanc selon l’éclairage, reste le centre de gravité de la montre. Les chiffres noirs imprimés, romains et arabes, ne cherchent pas une symétrie académique. Ils installent au contraire un rythme visuel qui donne à la pièce sa signature.

Les aiguilles noires laquées de style Breguet introduisent une note plus classique dans cet ensemble. Au centre du cadran, le guillochage ajoute du relief, tandis que la lunette en acier reprend elle aussi un décor texturé. Ce jeu de surfaces évite à la montre de verser dans une sobriété trop lisse. Le boîtier rond en acier poli et le bracelet interchangeable en veau noir ramènent néanmoins l’ensemble vers une élégance mesurée.

Le calibre Sellita, le vrai tournant de cette 888

La nouveauté essentielle se trouve derrière le cadran. La Ralph Lauren 888 Automatic est animée par le calibre RL300-1, un mouvement mécanique suisse à remontage automatique fabriqué par Sellita. Il affiche une fréquence de 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, dispose de 25 rubis et annonce une réserve de marche d’environ 50 heures.

Ce mouvement ne cherche pas l’effet de démonstration. Son rôle est plus direct : offrir la régularité d’un calibre automatique et une autonomie qui permet de laisser la montre de côté pendant une journée sans devoir nécessairement la régler à nouveau. Le fond fermé va dans le même sens. Ralph Lauren ne fait pas de la mécanique un spectacle ; elle devient ici un élément de cohérence pour une montre dont l’expression reste avant tout stylistique.

Une vraie dress watch qui s’assume

Le format de 39 mm ouvre la 888 à un port plus large que son positionnement historique ne le suggérait. Les proportions paraissent équilibrées sur le papier, mais la longueur corne à corne n’est pas communiquée : seule une prise en main permettra d’apprécier précisément l’ouverture de cadran et la présence de la montre au poignet. Son épaisseur annoncée de 6,10 mm participe en revanche à l’idée d’une pièce fine et habillée.

La fiche technique précise aussi la présence d’un verre saphir avec traitement antireflet incolore sur sa face interne, d’une boucle ardillon en acier poli et d’une étanchéité de 3 bars, soit environ 30 mètres. Cette dernière limite naturellement son terrain à un usage essentiellement urbain.

Proposée à 2 900 euros, la 888 Automatic ne prétend pas déplacer les lignes de la mécanique suisse : elle donne plutôt à une montre au dessin affirmé la substance horlogère qui lui manquait.

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