Le tabac ne se résume pas à l’odeur d’une cigarette éteinte. En parfumerie, la feuille révèle des nuances sèches, boisées, miellées, épicées ou fumées, capables de dialoguer avec les fruits, les fleurs, les alcools et les accords gourmands. Sept créations illustrent cette matière aux visages multiples.
Quand le tabac se fait gourmand et enveloppant
Tobacco Honey de Guerlain pousse la facette miellée du tabac avec du miel, de la vanille, de la fève tonka et du sésame, relevés d’anis et de clou de girofle. Tobacco Chocolat de Tom Ford préfère l’amertume du cacao, éclairée par les agrumes, pour un résultat généreux et sophistiqué.
Dans un registre plus épicé et fruité, Smoking Hot de Kilian Paris associe un accord fumé à la pomme, à la cannelle et à la vanille bourbon, en s’inspirant de l’univers de la chicha plutôt que du cigare traditionnel.


Des fleurs, des fruits et des liqueurs autour de la feuille
Le tabac peut aussi prendre une direction plus contrastée. Tobacco Carnaval de Maison Crivelli le mêle à un rhum infusé de fruits, en conservant une chaleur fumée au sein d’une composition exubérante. New York Chic de Bond No. 9 réunit quant à lui des fleurs miellées, une feuille de tabac fumée, du cognac, des muscs et des résines ; la tubéreuse y renforce la dimension florale.
Avec Tabac Rose de BDK Parfums, la rose se montre dense et sombre face au tabac, au cacao, à la cannelle, au poivre rose, au labdanum et au patchouli.



Une note capable de se montrer plus discrète
Tobacco Memories de Chambre52 propose une lecture plus poudrée du thème. La feuille de tabac s’y accompagne de safran et d’iris, complétés par des nuances de griotte, d’encens et de genièvre. Imaginée par Domitille Michalon-Bertier et Nicolas Dewitte, cette fragrance évite autant la brutalité que l’excès sucré. Entre gourmandise, fleurs, fruits et fumée, ces parfums montrent ainsi que le tabac peut dépasser largement les codes du cuir et du cigare.



