- Étretat accueille 1,2 million de visiteurs pour 1.238 habitants, créant des embouteillages chroniques les dimanches d’été
- La côte picarde entre Mers-les-Bains et Ault propose des falaises de craie identiques sans surcharge touristique
- Le GR120 s’étend sur 292 kilomètres le long du littoral picard avec des paysages préservés et accessibles
Quarante minutes.
C’est le temps qu’il m’a fallu, un dimanche de juillet, pour dénicher une place de stationnement à Étretat, à plus de dix minutes de marche de la plage de galets. 1.238 habitants en 2020 accueillent 1,2 million de visiteurs en 2023, et ce jour-là, la commune normande a rappelé pourquoi son nom revient chaque été dans les classements des sites saturés.
Le problème ne date pas d’hier. 70% des visiteurs arrivent en voiture, ce qui explique en grande partie l’embouteillage permanent des ruelles menant au front de mer. Face à cette pression, le maire a fini par piétoniser en partie le centre-bourg jusqu’à fin août, une décision qui a changé la physionomie du village en pleine saison. Sa logique tient en une phrase : une fois les parkings du centre-bourg pleins, mieux vaut rediriger les visiteurs vers l’extérieur plutôt que de les laisser tourner et perdre cinquante minutes pour rien.
Le soir même, j’étais seul face à des falaises identiques, une heure plus loin.
La côte picarde commence là où s’arrête, administrativement, la Normandie. Entre Mers-les-Bains et Ault, la craie blanche prend le relais des galets de la baie de Somme, avec un relief qui n’a rien à envier à la Côte d’Albâtre.
La roche y est faite de craie blanche avec des strates d’argile, semblables à celles d’Étretat, et grimpe jusqu’à 80-100 mètres de hauteur par endroits. Ault, justement, ne compte que 1 431 aultoises et aultois pour une superficie de 6 km². Aucun panneau ne vous y dirige vers un parking extérieur faute de place, aucune file d’attente ne se forme au bord du sentier. On y marche, tout simplement.
Le GR120, qui relie Bray-Dune au Tréport, s’étend sur 292 kilomètres.
Un peu plus au sud, Mers-les-Bains ajoute une couche architecturale à la promenade. La station a vu plus de 500 villas sortir de terre à la fin du XIXe siècle, mêlant styles Art nouveau et flamand sur un front de mer resté largement intact. Le contraste avec Étretat saute aux yeux : ici, pas de foule compacte massée devant l’aiguille, juste des façades colorées et une plage de galets où l’on croise plus de surfeurs que de cars de touristes.
Cette tranquillité ne dispense pas de vigilance. Le long du littoral picard, la craie reste friable et les effondrements sont fréquents, si bien que seuls les tracés balisés garantissent un passage sûr. Il faut aussi composer avec la mer : c’est la marée et le vent qui dictent la difficulté du parcours, un tronçon praticable à marée basse pouvant devenir inaccessible quelques heures plus tard. Rien d’insurmontable, à condition de consulter les horaires de marée avant de partir, comme on le ferait pour n’importe quelle randonnée côtière.
À Étretat, la pression ne devrait pas retomber de sitôt.
Les élus locaux ont validé, en décembre dernier, la construction d’un nouveau parking sur un terrain de 55 000 mètres carrés au Tilleul, aux portes du village, alors classé terre agricole. De quoi absorber une partie du flux automobile, sans garantir pour autant de trouver une place en une minute un dimanche de juillet. La craie, elle, continuera de s’éroder des deux côtés de la frontière normando-picarde, qu’il y ait cent visiteurs ou dix mille sur le sentier.
Sources : somme-tourisme.com | paris-valdeseine.archi.fr | noscoeursvoyageurs.fr







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