Ce jean Wrangler à 295 dollars a été coupé dans une toile américaine qui n’existe plus

Un jean à 295 dollars, ça peut faire grincer des dents. Mais ce n’est pas tant son prix qui interpelle que ce qu’il raconte une fois qu’on gratte la surface du sujet. Ce pantalon n’est pas une simple pièce de collection parmi d’autres : il est taillé dans une toile qu’on ne peut littéralement plus produire. L’usine qui la tissait a fermé ses portes, ses métiers se sont tus, et il ne reste aujourd’hui que des rouleaux épars, planqués dans des réserves. Wrangler vient d’en sortir quelques mètres pour une collaboration qui ressemble moins à un lancement qu’à un dernier hommage.

À retenir
  • L’usine Cone Mills White Oak, qui produisait ce denim selvedge depuis 1905, a définitivement fermé en 2017, rendant ce tissu impossible à reproduire.
  • Wrangler et Imogene + Willie proposent le 10MWZ Cowboy Cut de 1964 dans ce denim deadstock, limité à 292 exemplaires pour hommes.
  • La collaboration se déploie en trois volets (26 septembre, 24 octobre, 7 novembre), avec des prix allant de 48 à 350 dollars selon les pièces.

White Oak, la mémoire tissée du denim américain

Pendant plus d’un siècle, l’usine Cone Mills White Oak, installée à Greensboro en Caroline du Nord, a été le plus grand producteur de denim au monde. Fondée en 1905, elle tissait son tissu sur des métiers à navette anciens, une méthode lente et exigeante qui donnait au denim cette lisière caractéristique, appelée selvedge. C’est elle qui habillait des géants comme Levi’s, Lee ou encore Wrangler durant une bonne partie du vingtième siècle. Autant dire que si vous possédez un jean vintage américain des années 1960 ou 1970, il y a de grandes chances que son tissu soit né à White Oak. L’usine a fermé définitivement en 2017, victime du déplacement massif de la production textile vers l’Asie et l’Amérique latine. Avec elle, c’est toute une production à grande échelle de denim selvedge aux États-Unis qui s’est éteinte.

Depuis cette fermeture, les marques qui tenaient à ce tissu ont dû se débrouiller avec ce qu’il restait. Certaines, comme Levi’s, Gap ou des noms plus confidentiels dans l’univers du denim japonisant comme Raleigh ou Tellason, ont racheté des stocks pour continuer à produire quelques pièces. Wrangler, de son côté, a conservé le sien précieusement, en attendant le bon moment pour le sortir des réserves.

292 jeans pour dire adieu à une légende

Fin septembre, Wrangler a ouvert ses archives historiques et dévoilé une collaboration avec Imogene + Willie, marque indépendante de Nashville fondée en 2009. Le résultat s’appuie sur le 10MWZ, le fameux modèle Cowboy Cut produit à l’origine pendant une seule année, en 1964. Une coupe qu’on considère aujourd’hui comme l’une des plus emblématiques de la marque, et qui revient ici dans une version brute, taillée dans un denim selvedge sanforisé de 14,75 onces, teinte Galaxy Blue, avec patch en cuir Wrangler et surpiqûres en forme de W aux poches arrière. Fabriqué aux États-Unis, il porte aussi l’étiquette Imogene + Willie, preuve d’un véritable travail à quatre mains plutôt que d’un simple logo collé sur un produit existant.

Le détail qui change tout, c’est la quantité disponible : 292 jeans masculins, pas un de plus. Une fois le tissu épuisé, il n’y en aura plus. Ce n’est pas un argument marketing gonflé artificiellement, c’est une contrainte physique : quand le dernier rouleau de denim Cone White Oak sera coupé, il n’y aura littéralement plus rien pour en refaire un autre. Le jean est volontairement non lavé, brut et rigide, à l’ancienne. Les acheteurs sont même invités à prendre une taille au-dessus pour anticiper le rétrécissement et retrouver la coupe authentique des sixties. Ce n’est pas un hasard si le prix grimpe jusqu’à 350 dollars pour la version la plus aboutie de la collection : on paie autant un jean qu’un morceau d’histoire textile.

Le dernier rouleau avant l’oubli

Ce n’est pas la première fois que Wrangler flirte avec le denim Cone Mills. En 2021, la marque avait déjà sorti une collection dans son centre de service de Greensboro, mais le tissu utilisé était encore produit par l’usine à l’époque. Cette fois, la nuance est fondamentale : il s’agit de ce qui reste après la fermeture définitive du site, un stock figé dans le temps qui ne se renouvellera jamais. D’autres marques ont déjà connu ce même compte à rebours. Left Field NYC ne disposerait plus que d’environ 1 000 yards de tissu, soit de quoi fabriquer 400 pantalons tout au plus. Huckberry, de son côté, avait lancé une capsule de 200 pièces à partir d’un stock de denim White Oak datant de 1968, écoulée en un rien de temps. Personne ne sait vraiment combien de mètres de ce tissu dorment encore quelque part dans le monde, la structure de l’industrie textile et les commandes sur mesure rendant tout inventaire précis impossible.

La collaboration Wrangler x Imogene + Willie ne s’arrête d’ailleurs pas à ce premier lancement. Elle se déploie en trois temps : après le drop initial du 26 septembre, un deuxième volet est prévu le 24 octobre autour du sergé inversé caractéristique de la marque, développé avec Mount Vernon Mills, aujourd’hui la dernière grande filature de denim à grande échelle aux États-Unis. Un troisième et dernier chapitre suivra le 7 novembre, avec d’autres coupes western puisées dans les archives et toujours confectionnées dans ce denim deadstock. L’ensemble de la collection s’échelonne entre 48 et 350 dollars, de quoi toucher aussi bien le curieux occasionnel que le collectionneur prêt à investir dans une pièce qui ne se refera jamais.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À découvrir

Guide des Montres Homme

Guide des Montres Homme

Sélection des plus belles montres masculines

Guide Idées Cadeaux Noël Homme

Guide Idées Cadeaux Noël Homme

Plus de 190 cadeaux originaux pour Homme

Suivez les tendances

À lire aussi

Retrouvez nos derniers conseils et inspirations mode.