Le pressing rend vos vêtements impeccables, puis les enveloppe dans un film transparent censé les protéger jusqu’à l’armoire. Mauvaise nouvelle : ce plastique fait exactement l’inverse de ce qu’on lui demande. Laissé en place pendant des semaines, voire des mois, il transforme la housse de protection en piège à humidité, favorise l’apparition de moisissures et provoque le jaunissement irréversible des tissus délicats comme la laine ou la soie. Un geste réflexe, presque anodin, qui abîme silencieusement le contenu de nos penderies.
À retenir
- Le plastique du pressing agit comme une serre qui emprisonne l’humidité et favorise l’apparition de moisissures
- Une molécule chimique cachée dans le film plastique provoque un jaunissement irréversible des tissus blancs
- Retirer la housse dès l’arrivée à la maison et la remplacer par du coton peut sauver votre garde-robe
Un sac plastique qui se comporte comme une serre
Le mécanisme est d’une logique implacable une fois qu’on le comprend. Le nettoyage à sec, malgré son nom, n’est jamais totalement exempt d’humidité résiduelle, et cette dernière se retrouve emprisonnée dès que le vêtement repart sous plastique. Les housses synthétiques vendues en magasin agissent un peu comme une serre autour des habits : le plastique emprisonne la moindre trace d’humidité laissée après le lavage, ce qui crée un climat fermé propice aux moisissures et aux mauvaises odeurs, et l’air ne circule presque pas. Résultat : les fibres textiles restent humides bien plus longtemps qu’à l’air libre, et vieillissent prématurément.
Le phénomène ne s’arrête pas à l’odeur de renfermé. Les plastiques utilisés par les pressings emprisonnent l’humidité, et après une exposition prolongée, cela peut provoquer l’apparition de moisissures qui fragilisent les fibres du textile. Certains utilisateurs racontent avoir découvert de petits trous inexpliqués sur des vêtements laissés trop longtemps sous leur housse d’origine, signe d’une dégradation des fibres passée inaperçue jusqu’au moment fatidique où l’on ressort la pièce du placard.
Le vrai coupable : une molécule cachée dans le plastique
Le jaunissement, lui, a une explication chimique précise, et elle n’a rien d’un hasard. Le responsable de la décoloration est un produit chimique appelé BHT (hydroxytoluène butylé), utilisé dans la fabrication du plastique. Le BHT se dégrade avec le temps, provoquant des pigments jaunes qui se fixent sur le tissu. ce n’est pas la saleté ni l’âge du vêtement qui jaunit vos chemises blanches oubliées dans leur housse : c’est un additif présent dans le film lui-même, activé par le contact prolongé avec l’humidité ambiante.
Ce phénomène, que les spécialistes du textile appellent le jaunissement phénolique, touche particulièrement les fibres naturelles claires. Les vêtements blancs peuvent jaunir en stockage à cause des produits chimiques présents dans l’emballage plastique, et non seulement à cause de l’âge ou de la saleté ; les sacs plastique, en particulier ceux des pressings, peuvent provoquer un jaunissement même si les vêtements n’ont jamais semblé sales. La laine et la soie, matières poreuses et sensibles aux variations d’humidité, sont en première ligne. Un pull en cachemire ou un chemisier en soie naturelle laissés des mois sous plastique peuvent ainsi présenter des taches jaunâtres au niveau des plis, là où le contact avec le film est le plus prolongé et le plus serré.
Autre détail à ne pas négliger : la matière plastique favorise l’électricité statique, qui attire la poussière et fait s’accrocher les mailles délicates, si bien que pulls en laine, robes en soie ou costumes finissent marqués, froissés, parfois même jaunis au niveau des plis. Le film transparent n’est donc pas un simple emballage neutre : il interagit activement, et négativement, avec le vêtement qu’il est censé préserver.
Que faire une fois le vêtement rentré à la maison
La règle est simple, presque enfantine dans sa logique : le film plastique du pressing n’a qu’une seule mission, protéger le vêtement pendant le trajet retour. Contrairement à une idée reçue, les housses plastique récupérées chez le pressing ne constituent pas la meilleure option de stockage pour vos vêtements ; elles servent généralement à protéger les articles pendant le trajet du pressing jusqu’à chez vous, pas à un stockage permanent. Une fois la porte de l’appartement franchie, la housse devrait finir à la poubelle de tri, pas sur le cintre dans l’armoire.
Pour remplacer ce film indésirable, les professionnels recommandent des matières qui laissent circuler l’air. On peut stocker ses vêtements dans du coton si l’on a besoin de les protéger à court ou long terme : contrairement au plastique du pressing, une housse en coton laisse respirer les vêtements. Un vieux drap, une taie d’oreiller reconvertie ou une housse en tissu vendue dans le commerce font parfaitement l’affaire, et coûtent souvent moins cher qu’un nouvel achat de rangement dédié.
Si le mal est déjà fait et que des taches jaunâtres sont apparues, tout n’est pas perdu. Si l’article jauni avait été nettoyé à sec à l’origine et que vous êtes prêt à le réutiliser, il suffit de le rapporter en pressing pour un nouveau nettoyage à sec, ce qui permet souvent d’éliminer le jaunissement. Pour les taches plus tenaces sur du coton ou du lin, un trempage prolongé dans une eau tiède additionnée d’un blanchissant à l’oxygène peut également faire des miracles, à condition de vérifier au préalable que la matière le tolère.
Un dernier détail mérite d’être connu avant de généraliser cette bonne pratique à toute la garde-robe : les experts en blanchisserie professionnelle conseillent aussi de privilégier des étagères en bois plutôt qu’en métal ou en plastique, car elles absorbent l’excès d’humidité et favorisent une bonne circulation de l’air contrairement aux étagères en métal ou en plastique. Changer de housse ne suffit pas si l’ensemble du placard reste, lui aussi, hermétique et humide.
Sources : emballage-garrigou.fr | kunz.fr







Laisser un commentaire