Un dîner à trois plats dans les ruelles pavées de la vieille ville de Dubrovnik frôle les 45 euros par personne, un simple cappuccino sur le Stradun coûte autour de 5 euros. À Split, à moins de trois heures de route, les mêmes plaisirs se paient nettement moins cher, et les plages n’ont rien à envier à celles de la « perle de l’Adriatique ». De plus en plus de vacanciers habitués de la côte dalmate ont fait leurs comptes, et changé d’adresse pour dormir.
Le calcul n’a rien d’idéologique. Il tient en une ligne de facture : la taxe de séjour.
- La taxe de séjour à Dubrovnik atteint 2,65€ par adulte et par jour, soit deux fois plus qu’ailleurs en Croatie
- Un dîner en vieille ville coûte environ 45€ par personne, un cappuccino frôle les 5€ sur le Stradun
- Split offre des hôtels à partir de 38$ la nuit et des plages identiques à moins de trois heures de route
- Dubrovnik introduira en 2028 une taxe sur les paquebots pouvant atteindre 5 300€ par escale
La taxe de séjour qui plombe la note à Dubrovnik
Sur la Croatie entière, la taxe de séjour reste modeste, de l’ordre d’un euro par adulte et par jour selon les régions. Mais à Dubrovnik, l’addition grimpe nettement : ceux qui se rendent à Dubrovnik paient presque deux fois plus cher (2,65€) que dans le reste du pays, selon un rapport établi par le spécialiste des locations de vacances Interhome. Sur une semaine, pour un couple logé en intra-muros, cette majoration ajoute plusieurs dizaines d’euros à la note finale, avant même d’avoir posé une valise.
Ce différentiel n’est pas un hasard administratif. La municipalité justifie la mesure par la pression touristique extrême que subissent ses remparts classés à l’UNESCO, et par le coût d’entretien d’un centre historique où chaque pierre attire des millions de visiteurs chaque année.
Dans les restaurants de la vieille ville, la note grimpe elle aussi. Un dîner à trois plats coûte en moyenne 45 euros par personne et un simple cappuccino sur la rue principale du Stradun revient à environ 5 euros. À cela s’ajoute souvent un « couvert » ou frais de service obligatoire qui ajoute généralement 2 à 5 euros supplémentaires à l’addition. Trois cafés en terrasse et l’addition dépasse déjà celle d’un repas complet ailleurs sur la côte.
Les paquebots, nouvelle cible fiscale de la ville
Dubrovnik ne se contente pas de taxer les touristes qui dorment sur place. Elle s’attaque désormais frontalement aux croisiéristes, ces visiteurs à la journée qui saturent les ruelles sans dépenser un centime en hébergement local. La ville prépare l’introduction de nouveaux tarifs de taxe touristique pour les navires de croisière à partir de 2028, les plus grands paquebots devant s’acquitter de plus de 5 300 euros à chaque escale.
Le barème varie selon la capacité du navire. Les navires transportant entre 50 et 200 passagers paieraient 265,45 euros par escale, tandis que ceux pouvant accueillir jusqu’à 500 passagers seraient facturés 663,61 euros, avec une progression qui s’envole ensuite pour les mastodontes des mers. Le message est clair : Dubrovnik veut faire payer le passage, pas seulement le lit.
Cette surenchère fiscale s’inscrit dans un mouvement plus large. Sur tout le pourtour méditerranéen, les destinations saturées serrent la vis. Norvège et Cannes, entre autres, ont récemment annoncé des mesures similaires visant les paquebots et leurs milliers de passagers journaliers.
À Split, l’addition s’allège sans perdre la mer
Direction Split, donc. Hors de son centre historique bâti autour du palais de l’empereur romain Dioclétien, les prix retombent nettement. Les hôtels y démarrent autour de 38 dollars la nuit, un tarif d’entrée impensable côté Dubrovnik. Même constat pour les hébergements de milieu de gamme, où l’écart entre les deux villes se creuse dès qu’on s’éloigne des remparts.
Depuis 2022, la route entre les deux villes s’est simplifiée. L’ouverture du pont de Pelješac a permis de simplifier le trajet, en évitant la traversée de la frontière bosniaque, pour un temps de conduite d’environ trois heures sur les 230 kilomètres qui séparent les deux villes. Pour ceux qui préfèrent laisser la voiture au garage, des bus relient les deux gares routières en environ 3h45, pour un tarif compris entre 12 et 19 euros.
Les plages, elles, n’ont pas de frontière fiscale. La mer Adriatique reste identique, les criques de galets aussi limpides, le soleil dalmate tout aussi généreux qu’à Dubrovnik. Seule change la note du soir.
Comment répartir malin son séjour dalmate
La stratégie qui se dessine chez les habitués n’a rien de compliqué. Ils dorment à Split ou dans ses environs, où des quartiers comme Lapad ou Babin Kuk, à seulement 10 à 15 minutes en bus de la vieille ville, permettent d’économiser même côté Dubrovnik pour ceux qui tiennent à y passer une nuit ou deux. Puis ils font l’aller-retour en voiture ou en bus pour visiter les remparts le temps d’une journée, sans payer la taxe de séjour majorée ni les tarifs de restauration gonflés par l’afflux des croisiéristes.
Cette bascule change la physionomie du tourisme sur toute la côte. Les hébergeurs de Split et de sa région voient affluer une clientèle qui, il y a cinq ans encore, aurait réservé sans hésiter à Dubrovnik. Un rééquilibrage discret, mais qui pourrait bien s’accentuer à mesure que la ville aux remparts continue de faire payer, toujours plus cher, le privilège d’y poser sa valise.
Sources : interhome.fr | fr.distances-routieres.himmera.com | travelevasion.fr







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