Les réparateurs d'électroménager n'en peuvent plus de le répéter : ce joint en caoutchouc que personne n'essuie suffit à f...

Les réparateurs d'électroménager n'en peuvent plus de le répéter : ce joint en caoutchouc que personne n'essuie suffit à faire sentir le chien mouillé à un linge sorti propre

Mise à jour : 1 octobre 2026

Un drap qui sent la serpillière mouillée à la sortie du tambour, alors que le programme vient de s'achever : les réparateurs d'électroménager connaissent ce scénario par cœur, et le coupable se loge souvent dans le pli du joint du hublot. Moraxella osloensis, une bactérie de la peau, y prospère et résiste à un cycle à 30 °C. Elle a le potentiel de produire de l'acide 4-méthyl-3-hexénoïque, un composé malodorant majeur du linge, qui se libère sur les fibres dès qu'elles reprennent l'humidité.

Les chercheurs décrivent son odeur comme celle d'un chiffon sale et mouillé.

À retenir
  • Moraxella osloensis, une bactérie de la peau humaine, prospère dans le joint du hublot et produit de l'acide 4-méthyl-3-hexénoïque responsable de l'odeur de linge mouillé.
  • La bactérie résiste aux UV, au séchage et aux lessives antimicrobiennes, mais elle a besoin d'humidité pour produire ses molécules malodorantes.
  • Essuyer le joint du hublot avec un chiffon sec après chaque lavage, laisser ouvert le hublot et sortir immédiatement le linge prévient l'apparition de mauvaises odeurs.

Une bactérie de la peau installée dans votre machine

Cette bactérie n'a rien d'exotique. Elle vit sur la peau humaine, et une équipe japonaise l'a identifiée en 2012, dans la revue Applied and Environmental Microbiology, comme principale responsable des mauvaises odeurs du linge. Le génome d'une souche isolée dans du linge malodorant a été séquencé et publié en 2016. On la détecte fréquemment dans le linge après lavage.

Rassurons-nous, c'est avant tout une affaire de nez. Elle provoque rarement des infections opportunistes, et les cas décrits touchent surtout des adultes immunodéprimés ou porteurs d'une pathologie sous-jacente, ainsi que des enfants en bonne santé. Pour un foyer ordinaire, le problème reste olfactif.

Reste à savoir de quoi elle se nourrit. D'après les auteurs de l'étude génomique, la molécule dériverait des acides gras ramifiés du sébum présent sur le linge, transformés par désaturation et β-oxydation. Un gène de désaturase et au moins quatre gènes liés à la β-oxydation ont été repérés dans le chromosome de la souche étudiée.

Sa solidité complique tout. Elle résiste aux UV, au séchage et même aux lessives antimicrobiennes à base d'hypochlorite de sodium ou de sels d'ammonium quaternaire. Une forte concentration de tensioactifs renforce leur action, mais au prix d'une dégradation des vêtements, d'une toxicité pour l'organisme et d'un impact sur l'environnement.

Le joint, le bac, le tambour : où elle s'installe

Le caoutchouc du hublot réunit tout ce qu'elle aime : un pli sombre, de l'eau qui stagne, des résidus de lessive. Un biofilm gluant finit par tapisser le joint, mélange de résidus de détergent et de bactéries qui devient une source permanente d'odeur. Le bac à lessive peut jouer le même rôle, avec un film gras et des bactéries entretenus par l'humidité stagnante.

À 30 °C, le cycle rince la bactérie sans la détruire.

Le piège se referme au séchage. Un linge laissé humide dans le tambour fermé, ou oublié au fond d'une bassine, fournit à la bactérie l'humidité dont elle a besoin pour produire sa molécule. D'où ce linge qui paraît propre à la sortie et qui sent mauvais quelques heures plus tard.

Vingt secondes après chaque lavage

Après chaque lavage, il faut sortir le linge dès la fin du cycle, laisser le hublot et le bac entrouverts et passer un chiffon sec dans la cavité. Un passage régulier sur le joint, en écartant bien les plis, et un contrôle du filtre de vidange limitent aussi les eaux stagnantes.

Le vinaigre blanc a ses adeptes, mais il n'a rien de magique. Un utilisateur d'un forum de dépannage raconte avoir tout essayé : linge sorti aussitôt, hublot ouvert, filtre de pompe lavé, joint nettoyé, cycle à vide au vinaigre blanc à 90°, sans aucun changement. Son cas montre qu'une machine déjà bien colonisée peut résister aux remèdes de grand-mère. Pour le linge déjà atteint, le relaver puis le faire sécher vite reste le geste le plus logique, puisque c'est l'humidité qui réveille l'odeur.

Un chiffon sec suffit pour vider le pli du joint.

Côté recherche, une équipe a montré en 2024 qu'une autre bactérie, Bacillus xiamenensis, freine la croissance de Moraxella osloensis grâce à une molécule, l'indole-3-carboxaldéhyde. Ces chercheurs rappellent que la bactérie résiste aux UV, au séchage et aux antimicrobiens, ce qui la rend difficile à éradiquer. Il s'agit de travaux de laboratoire, publiés dans la revue MicrobiologyOpen.

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