MB&F dévoile la SP One Pavée, une version sertie de diamants de la montre ronde présentée un an plus tôt pour les vingt ans de la marque genevoise. L’architecture reste identique, mais 255 pierres viennent désormais encadrer un mouvement conçu pour sembler flotter dans son boîtier. Le tout pour un prix affiché à 85 000 euros, hors taxes.
Une pièce qui bouscule l’identité de MB&F
Depuis sa fondation en 2005, MB&F s’est construit une réputation autour de ses Horological Machines, des créations évoquant davantage des vaisseaux spatiaux ou des créatures mécaniques que des montres classiques. La SP One, premier « Special Project » de la maison, avait marqué une rupture en proposant un boîtier rond de 38 mm en platine ou en or rose, pensé pour conjuguer élégance et goût pour les constructions atypiques.
Son surnom, « Three Circles », renvoyait à sa particularité : barillet, balancier et cadran y apparaissent comme trois éléments indépendants, suspendus au centre d’un boîtier sans lunette.
Le sertissage, nouvelle variable de lumière
La SP One Pavée reprend cette structure sans la modifier, mais change de matière et de traitement. L’or blanc 18 carats remplace le platine et l’or rose des premières éditions, et 255 diamants viennent habiller l’ensemble pour un poids total de 1,608 carat. La répartition est précise : 165 pierres sur la boîte, 55 sur le rehaut, 14 sur la couronne et 21 sur la boucle. Le cadran incliné abandonne par ailleurs le noir initial pour un bleu sombre traité PVD, un choix qui atténue le contraste avec l’éclat de l’or blanc.
Malgré cette densité de pierres, le sertissage suit les courbes du boîtier sans recouvrir le mouvement ni masquer l’ouverture centrale. Les proportions, elles, ne bougent pas : 38 mm de diamètre, 41,9 mm de corne à corne et 12 mm d’épaisseur, pour un porté que les cornes courtes et détachées devraient garder compact malgré le volume apporté par la construction bombée.

Un mouvement pensé pour la suspension visuelle
Le cœur de la montre reste le véritable sujet. Le cadran des heures et des minutes, incliné à 6 heures, cohabite avec un barillet et un grand balancier logés chacun dans leur propre espace. Les glaces saphir, à l’avant et au dos, renforcent l’impression que ces éléments ne tiennent à rien. Cette mise en scène repose en réalité sur une construction complexe : des engrenages coniques acheminent l’énergie vers le cadran incliné, le mouvement s’effaçant volontairement derrière ses trois composants visibles. MB&F ne revendique ici aucune complication fonctionnelle, mais un exercice de décomposition visuelle d’une mécanique traditionnelle.
Le calibre SP One, développé en interne, totalise 189 composants et 31 rubis. Il tourne à une fréquence volontairement basse de 18 000 alternances par heure et offre 72 heures de réserve de marche, avec un remontage manuel cohérent avec l’absence de masse oscillante. La version Pavée se distingue par des ponts rhodiés, succédant à la finition ruthénium des premières éditions, tandis que les roues anglées à la main et les chatons apparents témoignent d’un travail de finition classique, mêlant satinage, polissage et microbillage.
Avec 30 mètres d’étanchéité, cette SP One ne vise aucune vocation sportive. Son bracelet en veau et sa boucle ardillon sertie la placent dans la catégorie des montres habillées, proches d’un objet sculptural plus que d’un outil quotidien. Le sertissage apporte ainsi une dimension précieuse supplémentaire, sans effacer ni le mouvement suspendu ni l’équilibre visuel qui caractérisait déjà la version originale.



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